Et depuis, le moins que l’on puisse dire c’est que ça ne s’est pas arrangé. Avec l’ampleur prise par l’affaire Bygmalion, l’UMP, se trouve embourbée jusqu’aux roubignolles dans une affaire qui constitue à la fois le révélateur qu’il y a quelque chose de pourri dans son royaume et le déclencheur d’une crise qui couvait depuis la pitoyable élection de son président. Une affaire qui balaie son président et risque de remettre en question le retour de son ex président. Une affaire qui ne peut que renforcer l’idée largement diffusée que les politiques sont tous pourris.

Le PS, l’UMP et le FN sont sur le paquebot France, le PS et l’UMP tombent à l’eau, qu’est-ce qui reste ?

Il reste le Front National avec sa xénophobie, ses discours simplistes et son nationalisme étroit. Il reste un parti dont les propos du Président d’honneur tiennent plus souvent de l’abominable insanité que de la parole politique. Il reste un parti dont la principale « qualité » est de n’avoir jamais pu être jugé sur son action faute d’avoir été au pouvoir. Il reste un parti dont les responsables font preuve d’une très grande complaisance à l’égard de pouvoirs autoritaires sinon dictatoriaux. Il reste surtout un parti qui a réussit à se présenter comme le seul recours à tous les déçus du PS ou de l’UMP grâce à un discours qui mélange vraies questions complexes et fausses solutions simplistes.

La situation politique de la France a rarement atteint un tel niveau de décrépitude et comme le dit François Bayrou, « On ne peut pas durer trois ans dans la situation où on se trouve ».

Sur la base de ce constat, la question posée par l’Express « Encore 3 ans ? » mérite d’être sinon répondue au moins posée.

Malheureusement, il n’y a pas de réponse évidente.

Il n’est pas question d’exiger de François Hollande qu’il démissionne ni qu’il dissolve l’Assemblée. Il est indispensable, surtout en ces périodes ou tout fout le camp, de respecter un des piliers de notre république, la Constitution. De toute façon, et même s’il prenait cette initiative de son propre chef, compte tenu de l’état de l’opposition, le FN serait le premier à en profiter et la situation serait encore pire. Les portes de sortie (par le haut) de cette situation sont peu nombreuses. J’en vois une seule.

Elle consiste tout d’abord, pour François Hollande, à rattraper le temps perdu à marche forcée. Pour cela, il faut qu’il force son caractère, qu’il force ses alliés et qu’il force les français. Partant du principe que la situation ne peut pas être pire, il doit user et abuser des prérogatives que lui donne la 5ème république, et passer systématiquement en force dès lors qu’il est convaincu qu’il agit pour le bien de la France.

En croisant les doigts pour que son impopularité ne se transforme pas chez une partie de la population, en une colère ingérable attisée par les boutefeux irresponsables. Or, le risque est important si on considère le caractère souvent peu rationnel et toujours excessif qu’à pris la critique du pouvoir.

D’où, la nécessité d’organiser de manière formelle ou tacite, une grande coalition avec l’UDI/MoDEM et la partie responsable de l’UMP. De ce point de vue, l’éviction de Coppé faciliterait certainement les choses. Fondamentalement, beaucoup à Droite ont les mêmes objectifs que François Hollande.

La politique de l’offre, la volonté affichée de baisser les dépenses publiques, la simplification administrative, la réforme territoriale, sont des sujets sur lesquels fondamentalement beaucoup de monde peut se retrouver. Le problème porte surtout sur la méthode, le rythme et l’amplitude des réformes. Une telle coalition pourrait tout à fait se constituer sur un socle de réformes dont le principe est partagé par une grande partie de l’opposition.

La situation de la France exige que tous les politiques dignes de ce nom prennent leurs responsabilités et sortent des schémas politiques traditionnels dont on a vu qu’ils conduisent à une impasse. Cela passe par un changement de comportement de la part des politiques et dans un second temps probablement par un changement de constitution avec pour objectif de faire entrer la politique française dans l’ère indispensable du consensus.

En espérant que de cette manière l’opposition comprenne que ce n’est pas pour sauver le soldat Hollande qu’elle change de paradigme mais que c’est l’avenir de l’armée France qu’il s’agit de préserver. Illusoire ?