Pourtant, les taux dont nous bénéficions sont liés à un équilibre qui peut être rompu n’importe quand, que ce soit par une crise de confiance des préteurs qui constatent que la France est incapable de se réformer, une crise politique en Europe liée à la montée des populismes ou par un changement de politique monétaire de la BCE.

Et à ce niveau d’endettement, une hausse brutale nous mettrait dans un pétrin monumental. Avec un phénomène boule de neige puisqu’il nous faudrait emprunter encore plus pour payer les intérêts de notre dette qui deviendrait rapidement le premier poste de dépense de l’Etat. En clair, nous sommes en permanence sur une crête acérée et nous continuons à avancer comme si nous étions confortablement installés sur une piste verte.

Ces chiffres, et surtout ce mouvement continu vers de nouveaux records, laisse une impression de fatalité désespérante. L’impression qu’à du ressentir le capitaine du Titanic lorsqu’il a vu qu’il ne pourrait pas éviter l’iceberg qui causera sa perte. Mais alors que le Titanic a vu l’iceberg surgir devant lui au dernier moment, cela fait des décennies que nous le voyons grossir, grossir, sans discontinuer et sans réagir. Difficile de prétendre que nous avons été pris par surprise.

Certes, depuis 2012 le sujet a fait l’objet de nombreux discours mais rien n’a changé, les déficits continuent à s’enchainer et les dettes publiques à s’empâter.

Mais qu’est-ce que vient faire Mélenchon dans tout cela me demanderez vous ?

C’est sur que Mélenchon, la dette c’est le cadet de ses soucis. L’iceberg, lui, il l’éparpille façon puzzle. Ca ne dépendrait que de lui, cette foutue dette, il l’escamote d’un grand coup de gomme ou plus subtil, il la fait acheter en francs par une Banque de France aux ordres du pouvoir politique. Le prestidigitateur Mélenchon, il nous la fait disparaitre en 3 coups de cuillère à pot la dette.

Non, l’association d’idée avec Mélenchon elle vient de son aimable saillie vis-à-vis de François Hollande qu’il avait traité de capitaine de pédalo. Et du coup, l’image d’un capitaine de pédalo à la barre du Titanic m’est venue spontanément à l’esprit que j’ai sans doute mauvais, je le reconnais.

Car la France est comme un paquebot, un gros paquebot, un lourd paquebot qu’il faut des années pour faire virer et des décennies faire changer de cap.

Et le capitaine Hollande, il est à la barre du bateau qui se rapproche toujours plus de l’iceberg. Et il tarde à donner le coup de barre à droite qui permettrait d’éviter l’iceberg ou du moins d’éviter le plus gros, celui qui vous casse un bateau en 2 et vous le coule en deux temps trois mouvements. On sait pourtant que la force d’inertie est telle qu’un vigoureux coup de barre n’a d’effets réels que quelques années plus tard. On le sait, François Hollande le sait, comme le savaient tous les capitaines auxquels il a succédé et qui ont gardé très consciencieusement le cap de la dette et des déficits.

Certes il gouverne un navire dont les moteurs s’essoufflent et dans une mer plutôt agitée, mais qu’est-ce qu’il fout, boudiou !!!

Cela fait des mois qu’il nous parle de son Pacte de Responsabilité, cela fait des mois qu’il nous parle d’économiser 50 milliards (en 3 ans), cela fait des mois qu’il nous parle de simplification administrative et à ce jour, rien !

Si, la seule chose dont on est certain, c’est que 3,2 millions de foyers vont bénéficier d’une réduction d’impôts et que la croissance, donc les rentrées fiscales seront plus faibles qu’espérées.

Et surtout ne pas brusquer les français, ni les partenaires sociaux, ni les corporations, ni les lobbies en tous genres et surtout pas les récalcitrants du PS.

Le bide qu’a fait la dernière conférence sociale a bien montré les limites de sa méthode de recherche du consensus à tout prix.

Mélenchon avait raison, le capitaine Hollande gouverne le paquebot France comme si c’était un pédalo, imperturbable, tout en douceur et subtilité, un coup de pédale à gauche, un coup de pédale à droite, comme s’il avait tout son temps pour éviter l’iceberg d’un petit coup de volant lymphatique.

Jusqu'au moment ou quelqu'un va crier: "Iceberg droit devant" et là, il n'y aura clairement pas assez de canots de sauvetage pour tout le monde !