Car l’Europe est faible parce que divisée, incapable de parler d’une même voix ferme. Au pire elle est inaudible, au mieux impuissante et dans tous les cas son action est vaine. Le pire c’est que c’est volontairement que les Gouvernements des pays de l’Union la maintiennent dans ce pitoyable rôle de second couteau de la politique internationale. Il n’y a qu’à considérer le choix de son ex représentante diplomatique Catherine Ashton pour s’en convaincre. Personnage Falot, sans charisme et sans aucun poids politique, même dans son pays d’origine, c’est peu dire. Beau moyen qu’ont trouvé là les gouvernements européens, Royaume-Uni en tête, pour rendre inopérante la petite avancée vers une Europe plus intégrée qu’ont constitué les nominations d’un Président du Conseil (Van Rompuy) et d’une « ministre des affaires étrangères » (Ashton).

On oubliera vite son action ou plutôt son inaction, comme on oubliera celle de son successeur qui, gageons le, sera tout aussi insignifiant.

Les exactions criminelles du Hamas et des Israéliens dans la Bande de Gaza et le vol MH17 abattu par un missile en Ukraine ont bien montré le niveau d’impuissance de l’Europe.

L’avion qui s’est écrasé en Ukraine, très probablement abattu par des séparatistes pro-russes, est un tragique dommage collatéral d’une situation que la France et plus largement les Européens n’ont jamais su par quel bout prendre. Comme toutes les situations de crise d’ailleurs qui impliquent la Russie et son dangereux et sans complexe président Poutine.

En Ukraine, comme ailleurs, l’Europe n’est qu’un spectateur inerte des tragédies qui nous entourent.

Et que dire du conflit Israélo-palestinien !

Non seulement l’Europe et à plus forte raison la France, sont parfaitement incapables de faire pression sur les belligérant, mais elles ne sont pas capables de tenir un langage clair.

Résultat, l’Europe est impuissante et elle ne peut que regarder, béatement, les colères, les haines, la bêtise et la honte générés par ce conflit interminable, s’exprimer parmi sa propre population. Ne serait-ce que parce que la bêtise humaine n’a pas de frontières et qu’elle est extrêmement contagieuse, les gouvernements Européens devraient comprendre qu’il est dans leur propre intérêt de se donner la capacité d’influer sur tous les terrains ou elle se manifeste. Quand à la France, toute seule, elle ne peut évidemment rien, mais elle doit comprendre qu’une position claire et exprimée sans ambages, et le meilleur des remparts contre les mensonges des prédicateurs fanatiques d’une cause ou d’une autre. Et, accessoirement, rappeler que le respect de l’autorité de l’Etat n’est pas incompatible avec la liberté de pensée et d’expression.

Il n’est donc guère étonnant que ce soit à l’occasion du troisième évènement tragique, le crash du vol AH5017 au Mali, que les plus hautes autorités de l’Etat français aient semblé les plus actives. Et pour cause, on n’était là, ni dans l’action politique, ni dans la prévention ni dans le sauvetage, mais dans la compassion pure. Une compassion exprimée d’une manière excessive au nom de la France par son président.

Même s’il est normal que l’Etat apporte son soutien aux proches des disparus et leur garantisse qu’il fera tout pour que les causes de l’accident soient connues et les corps rapatriés, mobiliser ainsi toute l’énergie du Président de la République et décréter une sorte de mini hommage national en mettant les drapeaux en berne pendant 3 jours, est démesuré. Démesuré par rapport à l’importance du fait pour la collectivité. Comme si, faute de pouvoir peser sur le « destin du Monde », François Hollande se rabattait sur un traitement excessif de l’émotion.

Pendant que François Hollande se tient au courant minute par minute des recherches des corps, les combats continuent aux portes de l’Europe, la tension monte entre la Russie et l’Europe, le Hamas continue à lancer ses roquettes meurtrières en s’abritant derrière les palestiniens, Israël bombarde des civils sans état d’âme et Gaza se transforme en un champ de ruine.

Et François Hollande nous dit qu’il faut une France forte !

Mises bout à bout, ces tragédies estivales, sont hélas révélatrices de l’impuissance de nos gouvernants à influer sur quoi que ce soit et tant qu’ils n’auront pas compris qu’il n’y a qu’une Europe forte qui pourra espérer y remédier, les choses ne sont pas près de changer !