Et tout ça sous prétexte d’une austérité dont on nous rabat les oreilles mais dont personne, en France, n’a encore vu la couleur (à part évidemment tout ceux qui sont écartés du marché de l’emploi).

Tous les observateurs un tant soit peu avertis font le même constat, la France a un problème d’offre, plus précisément, son offre n’est pas en adéquation avec la demande. Soit parce qu’elle est trop chère, soit parce qu’elle ne répond pas aux besoins des consommateurs. Ce qui se constate de manière très visible par le solde négatif de notre commerce extérieur. En clair, la France achète plus à l’étranger qu’elle ne vend à l’étranger. Et l’étranger en l’occurrence ce n'est pas la Chine ou l'Inde mais en grande partie les autres pays européens.

Parallèlement, la France n’a pas réellement de problème de demande de la part des ménages qui bon an mal an gardent leur consommation et un pouvoir d’achat plutôt stable.

Distribuer du pouvoir d’achat en France ne règlerait strictement rien sinon de creuser encore un peu plus le déficit de notre commerce extérieur et à plomber encore plus notre déficit public qui n’a vraiment pas besoin de ça.

Et la question n’est plus de savoir s’il faut ou non tenir coute que coute nos engagements en matière de déficit puisque de toute façon nous ne les tiendrons pas. Parce que même sans ces distributions couteuses et inutiles, la France est déjà incapable de tenir ses engagements de réduction des déficits. Malgré les concessions successives qui ont été accordées.

Quand à faire une espèce de mauvaise combinaison de politique de l’offre et de la demande pour contenter tout le monde, ce ne serait qu’inefficace et couteux. Or nous ne pouvons plus nous permettre de continuer à mener des politiques économiques inefficaces et couteuses uniquement pour des raisons politiques voire idéologiques !

Demander à l’Europe de le faire à notre place à travers un plan d'investissement public européen (d’ailleurs préconisé par Mario Draghi), pourquoi pas !

Sauf qu’il y a trois problèmes, le premier c’est que lorsqu’on est dans la position de la cigale, on ne va pas agresser la fourmi pour exiger d’elle qu’elle nous renfloue, dans la joie et dans la bonne humeur de surcroit.

Le second, c’est que l’Europe dispose d’un budget équivalent à 1% de son PIB, ce qui limite sacrément son champ d’actions.

Enfin, le troisième, c’est la difficulté à obtenir un consensus avec des pays (ceux qui ont de l’argent) auxquels on demande de financer notre industrie. On comprend que l’Allemagne ne soit pas extrêmement emballée à cette idée.

Montebourg est un bien triste personnage.

Sentant le vent tourner, après avoir constaté que le gouvernement auquel il participe n’obtiendrait pas de résultats probants, et sentant que les circonstances lui sont favorables, il quitte le navire pour ce faire son trou auprès de tous les déçus de Hollande (et ils sont nombreux).

Pire encore, il quitte un bateau en pleine tempête et après avoir poignardé son capitaine dans le dos (qui n’avait pourtant pas besoin de ça). A un moment ou la position de la France est critique, il saborde son autorité déjà mal en point en tentant de convaincre les passagers qu’ils les mènent sur la mauvaise trajectoire.

Par-dessus le marché, il justifie son mauvais coup par des prétextes pour le moins fumeux mais qui ont le mérite de lui donner le beau rôle.

Prétendre que la politique de Hollande est une politique d’austérité, c’est se foutre du monde. Allez demander aux Irlandais, aux Portugais, aux Espagnols ou aux Grecs ce que c’est qu’une politique d’austérité !

Prétendre que si le Gouvernement n’obtient pas de résultat, c’est parce qu’il fait une politique de l’offre au détriment de celle de la demande, c’est grotesque. Le pacte de responsabilité n’est pas encore en place !

Et de toute façon, des mesures de ce type ne donneront des résultats visibles que plusieurs années après leur mise en application.

Et même si les 32 milliards d’impôts supplémentaires ont probablement plombé légèrement l’ambiance sinon le pouvoir d’achat des « ménages », rappelons qu’il ne les a jamais contestés jusqu’ici. En tout état de cause, cela n’explique certainement pas le chômage, la dette, la faible croissance ou notre industrie comateuse.

Enfin, prétendre que Hollande se plie au dictat de Bruxelles en faisant passer la réduction de la dette avant toute chose, c’est à la fois faux et imbécile.

Faux parce qu’on sait très bien qu’après déjà 2 reports, la France ne tiendra pas ses engagements en matière de déficit.

Imbécile parce qu’on ne peut pas faire comme si nous n’avions pas la nécessité de réduire notre déficit faute de pouvoir réduire notre dette. Ensuite c’est une question de rythme, or, le rythme auquel nous allons est pour le moins nonchalant. La meilleure preuve c’est que nous décalons les échéances au fur et à mesure qu’elles rapprochent.

Enfin, il est complètement crétin d’aller clamer sur tous les toits que la dette on s’en tape !

Si la France veut continuer à inspirer confiance dans sa dette et ne pas à avoir à payer un intérêt exorbitant, elle doit montrer sa bonne volonté pour ajuster ses dépenses à ses recettes…même si au final elle le fait sans se presser.

Quoiqu’on puisse en penser, la tache de l’exécutif est très compliquée. Celui-ci travaille dans un contexte politique, économique et social difficile. Et que personne ne vienne prétendre que si ça avait été quelqu’un d’autre à la place de Hollande la tache eut été plus simple.

Dans ces conditions, ils n’ont pas besoin qu’un branquignol à l’égo et l’ambition politique démesurés, viennent leur asséner un coup de Jarnac politique sans panache mais avec arrogance.

Il faut avoir conscience que l’échec de Hollande et de Valls ce sera l’échec de la France. Et dans la liste de ceux qu’il faudra remercier pour cela il ne faudra pas oublier Montebourg, il y aura bien contribué.