Il n’est évidemment pas possible d’exclure que l’exécutif n’obtienne plus de majorité à l’Assemblée Nationale lors de la question de confiance, ce qui obligerait, de fait, Hollande à dissoudre. Pour autant, on ne peut pas le souhaiter. Pour plusieurs raisons :

Inutile de rajouter une crise politique à la crise économique que nous subissons. Une crise politique qui neutraliserait pendant plusieurs mois l'action de l'Etat comme si nous avions les moyens de nous le permettre. D'autant plus que cette arrêt interviendrait au moment ou enfin, le Gouvernement semble s'engager sur une ligne claire débarrassée des ambigüités, des freins idéologiques et des boulets qui nous ont fait perdre 2 précieuses années.

L'autre raison c'est que ce serait la victoire de la frange la plus archaïque du parti Socialiste, ce serait plus généralement la victoire des extrémistes de Droite et de Gauche qui n'ont jamais considéré Hollande comme un président légitime. Tout ces gens ont un intérêt commun, se débarrasser de François Hollande, mais des motivations tout à fait opposées.

La troisième raison c'est que l'opposition actuelle n'est pas prête à prendre le relais. L'UMP est en pleine déconfiture, elle n’est clairement pas prête, sans chef, sans programme mais avec le fantôme de Sarkozy pour le moins clivant qui plane au dessus d’elle et une image fortement dégradée par les affaires. Le seul parti qui est en pleine forme c'est le Front National. Marine Le Pen ne s'y est d'ailleurs pas trompée puisqu'elle est la première à réclamer une dissolution et la seule à affirmer être prête à assumer le rôle de premier ministre.

Enfin, je rajouterais un dernier élément qui est qu’une dissolution dans ces conditions, avec en arrière plan la demande de démission de Hollande serait un coup dur porté à la Vème République. Pourquoi pas, personnellement je n’y tiens pas plus que ça, mais les français sont ils prêts à changer de constitution ?...je ne pense pas. En tout état de cause, cela créerait un précédent fâcheux et une épée de Damoclès permanente sur la stabilité de notre système politique.

Non, s’il est possible de l’éviter, la dissolution n’est pas la solution.