De l'art de transformer une bonne intention sinon un bon projet, en une opération de promotion personnelle !

« Ce sera la bataille des modernes contre les anciens, la bataille de l’audace contre le conformisme » s'exclamait avec son emphase habituelle le Don Quichotte de la Saône-et-Loire.

Fort heureusement, le cuistre Montebourg a été évacué du Gouvernement. Pour autant l'idée n'a pas été abandonnée puisque rapidement reprise à son compte par son successeur.

Sans rentrer dans le détail d'un projet de loi fort pompeusement qualifié de " Loi pour la croissance et l'activité" , rien de moins, et sans en nier les différents mérites, ce projet de loi est une très belle occasion d'accabler tout le monde politique sans guère d'exception.

A commencer par le Gouvernement dans la musette duquel je mettrais un projet prétentieux, tardif et cache misère d'une incapacité congénitale à réformer la France.

Ce projet a beaucoup de sens, mais contrairement à ce que veut faire croire le Gouvernement et à ce que laisse entendre son intitulé, ce n'est certainement pas le Graal ou la potion magique de la croissance et de l'activité. Certes, il devrait permettre d'apporter un peu d'huile dans les rouages sclérosés de l'Economie Française mais il tient plus du symbole d'un changement de mentalités que d'une réelle transformation de la société.

Ce ne sont pas la multiplication des lignes d'autocar ou l'ouverture de magasins 5 dimanches en plus dans l'année qui vont doper durablement le taux de croissance. Quand aux professions dites règlementées, elle le resteront en grande partie et les gains occasionnés par une concurrence accrue dans ces domaines ne suffiront certainement pas à relancer l'activité.

Ce projet montre la voie mais petitement et tardivement. Tout à l'image de l'exécutif, timoré.

L'autre catégorie de politiques qui mérite un beau carton rouge, c'est l'opposition et plus précisément l'UMP.

Même si les avis sont partagés au sein de la Droite, on peut dire que globalement elle n'a que des critiques à formuler vis à vis du projet. Pourtant, l'essentiel des mesures portées par le projet ont leur origine dans le rapport Attali remis à Nicolas Sarkozy en 2008...et que celui-ci, malgré une adhésion sur l'essentiel, n'a juste pas eu le courage de mettre en oeuvre. Pourtant, toutes ces propositions auraient pu figurer dans les programmes de ses principaux leaders.

Mais non, par une opposition systématique qui l'empêche de voter un texte considéré comme majeur par le Gouvernement et aussi par le soucis de ménager des corporations au coeur de son électorat, l'UMP risque de faire capoter une réforme qui même de manière insuffisante conduit la France dans la bonne direction.

En ces temps pour le moins difficile, ce genre de comportements est parfaitement irresponsable et révélateur d'une opposition plus préoccupée de gagner les élections que de faire gagner la France. Vision très étriquée de la politique.

Enfin, le carton passe à l'écarlate lorsqu'il s'agir de considérer l'attitude de Martine Aubry et autres Mailly qui n'hésitent pas à critiquer ouvertement et vertement un projet de loi accusé d'être un "fourre-tout libéral" par l'un et de "régression sociale" par l'autre. Deux critiques qui aussi éculées soient elles n'en constituent pas moins ce que l'on peut faire de mieux dans la dialectique d'une gauche pétrifiée depuis des décennies dans son bocal de formol idéologique.

Non seulement ces gens là s'opposent, encore une fois, frontalement au gouvernement qu'ils sont pourtant censé soutenir mais de surcroit sur un texte dont celui-ci veut faire un symbole fort de la volonté de réforme de la France.

Quand on voit la réaction provoquée par la simple extension à 12 dimanches dans l'année du travail dominical, et malgré les contreparties imposées par le projet de loi, on imagine le poids du boulet que ces gens là ont accroché au pieds de François Hollande et de son Gouvernement.

On imagine également leur réaction lorsqu'il s'agira d'aller enfin au fond des choses et de réformer enfin les retraites, la formation professionnelle ou crime de lèse majesté, le code du travail !

Cette partie de la Gauche confirme, encore et toujours, qu'elle est restée sur de vieux schémas de pensée obsolètes et qu'elle a été parfaitement incapable d'évoluer.

Comme l'UMP, ces gens sont des irresponsables. Mais à la différence de l'UMP qui fait dans l'irresponsabilité volontaire pour des raisons de basse et petite politique, cette Gauche fait dans l'irresponsabilité dogmatique. C'est une irresponsabilité plus sincère donc moralement plus acceptable, mais intellectuellement bien plus inadmissible de la part de ceux qui prétendent nous imposer leur vérité !

Si on résume, nous avons des timorés qui sur-vendent un projet intéressant mais insuffisant, des étriqués de la politique qui font dans la contestation systématique et des archaïques sclérosés qui le combattent au nom d'une idéologie complètement en dehors de la réalité.

Ce n'est pas comme ça que l'on va s'en sortir !