Contrairement à ce que se complaisent à répéter médias et opposants politiques, utiliser le 49.3 est un acte d’autorité et non une preuve de faiblesse de la part de l’Exécutif.

Certes, cela confirme la faiblesse de la majorité présidentielle mais il n’y avait pas besoin de cet épisode pour savoir que celle-ci est courte et incertaine. Le Parti de gauche est définitivement tombé dans l’opposition, les Verts contestent ouvertement la plupart des décisions du Gouvernement et une partie du PS n’accepte pas le virage social libéral de François Hollande.

Dégainer le 49.3 c’est le choix de Valls qui affirme ainsi haut et fort qu’il ne se laissera plus emmerder par la frange archaïque du PS.

A partir du moment où le constat est fait d’une divergence de vue profonde entre le gouvernement et les frondeurs sur les mesures à prendre pour redresser le pays, le passage en force devenait la seule solution.

On a assez reproché à Hollande et son gouvernement de faire trop peu et trop lentement, pour ne pas applaudir lorsqu’il décide de tordre le bras à tous ceux qui rament dans l’autre sens. Il y a eu assez de temps perdu.

D’autant plus que tout le monde en sort gagnant.

Les frondeurs vont pouvoir se poser en victime et dire à leurs électeurs qu’ils n’étaient pas d’accord avec le tournant libéral du gouvernement sans pour autant porter la responsabilité du rejet d’un texte que celui-ci considère comme majeur.

La Droite évite d’avoir à justifier le refus d’un texte sur lequel elle est fondamentalement d’accord.

Et Valls affirme son autorité et sa détermination, deux qualités qui lui permettent de réaffirmer sa stature d’homme politique de premier plan et accessoirement d’apparaitre comme l’anti-Hollande.

Le 49.3 est, de ce point de vue, radical mais c’est une arme qu'à un coup par session parlementaire, il faut donc bien choisir ses cibles. La prochaine sera peut-être la loi Macron 2, parce que rassurez nous, ça ne va pas s’arrêter là, il y aura bien une suite ?