Même si on peut imaginer que Hollande n’a pas honoré son hôte avec un enthousiasme débordant, il n’en reste pas moins qu’il a attribué la plus haute distinction de la République française a un éminent représentant d’une monarchie qui finance les groupuscules islamistes, où sévit une stricte application de la charia, ou l’on exécute de manière abominable, ou, l’on décapite, on lapide, on crucifie selon le bon vouloir de la caste au pouvoir et ou on fouette jusqu’au sang un blogueur sous prétexte « d’insulte à l’Islam » !

Même si cette distinction est attribuée au nom du Président de la République, même si son attribution est faite au nom de la raison d’Etat, « au titre de la réciprocité diplomatique » et pour soutenir « ainsi la politique étrangère de la France. » (cf. ici) c’est au nom de la France, qu’elle est remise, c’est la France qui se déshonore.

Certes, la remise de la légion d’honneur à un chef d’Etat étranger constitue une situation marginale et exceptionnelle au milieu des 3 000 heureux récipiendaires annuels de la breloque, mais cette attribution particulière révèle néanmoins ce qu’est cette décoration, un moyen pour le Prince de flatter l’ego d’un futur redevable.

Cette remise, comme d’autres avant (Poutine, Ben Ali,…), jette encore un peu plus le discrédit sur la plus haute distinction française pourtant présentée comme « un symbole fort, compréhensible et fédérateur ».

La Légion d’honneur n’est pas autre chose qu’un chétif rejeton des prébendes, charges et autres gratifications de l’ancien régime avec un intérêt en plus, celui de ne rien couter à la Couronne.

Cessons, enfin, cette pratique de la République à la fois anachronique, profondément choquante et quelques fois grotesque. Arrêtons de déshonorer la République par cette distribution discrétionnaire à tous ces gens pour lesquels on confond mérites et talents et dont on veut nous faire croire qu’ils n’ont rien réclamé.

Finissons-en donc, une bonne fois pour toutes, avec la Légion d’honneur. De toute façon, elle est déjà si largement galvaudée que même les vrais méritants (il y en a quand même) n’ont plus de quoi en être fiers !