François Bayrou a donc fait le choix de ne pas se présenter mais d’essayer néanmoins d’influer sur les choix politiques du peut-être prochain président de la République. C’est un bon choix et un choix qui l’honore d’autant plus que la décision fut certainement difficile à prendre !

En ce qui concerne Emmanuel Macron, (et comme l’Hérétique) je suis passablement exaspéré par certaines critiques faites à son encontre. Lui reprocher d'avoir été banquier est clairement une ânerie très française, en quoi est-ce moins respectable que d'être plombier ou fonctionnaire !

Une autre critique m'énerve également c'est celle qui consiste à prétendre qu'il n'a pas de programme. Depuis le début, il dit qu’il ne veut pas présenter de programme en 110, 225 ou 3458 propositions précises. On sait ce qu'il en est advenu des programmes présidentiels trop précis ! … ce sont des générateurs de déceptions. Quelques mesures sont appliquées en début de mandat dans l’euphorie de la victoire et le reste est abandonné en rase campagne devant la dure réalité.

Il préfère donner les grandes lignes de sa future politique ainsi que sa méthode de gouvernement pour ensuite avoir la liberté d’organiser son quinquennat comme il le souhaite.

Ces grandes lignes il en a donné déjà beaucoup mais elles ne sont pas reprises par des médias plus préoccupés de simplisme et de spectaculaire que de fond. Ca lui serait évidemment beaucoup plus facile s’il balançait quelques propositions choc de type revenu universel, déremboursement massif ou moins 500 000 fonctionnaires en 5 ans.

Macron est un pragmatique à l’anglo-saxonne. Il a clairement un sous-jacent idéologique soft plutôt libéral mais pondéré d’humanisme avec un gros souci de convaincre et d’obtenir un consensus. Il n’est pas enfermé dans une idéologie du 20ème siècle comme beaucoup de nos politiques de droite comme de gauche. C’est d’ailleurs parce qu’il n’est pas rangé dans une des boites doctrinales traditionnelle de la politique française qu’il se présente comme ni de droite ni de gauche.

De ce point de vue il est tout à fait dans la ligne de François Bayrou.

Par contre, il faut admettre que tout à son souci d’entretenir son image de libre penseur qui aime tout le monde, il n’arrive pas à donner une image claire de ce qu’il est et de ce qu’il pense. Du coup son image est floue et comme dirait une célèbre philosophe Lilloise, qui dit flou dit loup !

S’il veut convaincre, il va falloir qu’il ne se contente plus de compter sur son charisme et sa jeunesse mais qu’il donne plus de profondeur à sa candidature. Il faut qu’il expose en détail certaines de ses idées fortes sans se disperser sur des sujets qui ne sont pas majeurs. Qu’il parle uniquement de services publics, dette, Europe, emploi, écologie, Education, fiscalité, intégration et immigration sans s’embarquer sur des thèmes qui de toutes façon n’engageront pas le prochain président de la République comme le mariage pour tous ou la colonisation. Ces sujets cannibalisent tous les autres, une petite phrase maladroite et on ne parle plus que de ça !

Il faut également qu’il ait le courage d’exprimer des idées qui ne sont pas nécessairement partagées par tout le monde et qu’il revienne à l’essentiel dans le cadre de lignes directrices qui doivent être claires sans nécessairement descendre au niveau du futur texte de loi.

2 mois avant le premier tour, il est temps qu’il arrête de traiter sa candidature comme une campagne de marketing, et qu’il écoute François Bayrou, il sera certainement de bons conseils.