On distribue du pouvoir d’achat à travers moult mesures sociales et une hausse significative des salaires, armé de tous ces sous les français se précipitent pour acheter des biens et des services aux entreprises qui devant l’afflux de demandes se précipitent pour embaucher à tout va des employés d’autant plus grassement payés que le SMIC a été substantiellement augmenté. Les revenus et les achats augmentent ce qui automatiquement provoque une hausse des recettes fiscales. Ces recettes fiscales aidées d’une hausse des prélèvements obligatoires (44 milliards) et d’une lutte extrêmement efficace contre l’évasion fiscale (33 milliards), permettent de financer ces largesses et même de réduire les déficits publics et l’endettement. Si en plus on y ajoute une bonne dose d’inflation (4% « espérés » en fin de mandat) qui mécaniquement augmente encore un peu plus les recettes, on nage dans un bonheur quasi extatique !

Avec son projet, Mélenchon nous fait donc la promesse merveilleuse d’un taux de croissance de 2% par an (vs 1,1%), d’un chômage ramené à 6% (vs 10%), d’un déficit public réduit à 2,5% (vs 3,5%), d’un taux d’endettement à 87% (vs 96%) et tout cela dans la joie et la bonne humeur de français qui auront vu leur salaire augmenter de manière substantielle et l’âge de départ à la retraite ramené à 60 ans.

Si avec tout ça il ne récolte pas 70% des voix au premier tour, c’est à ne rien y comprendre !

Sans vouloir faire le rabat-joie, j’aurais quand même quelques légères objections à formuler.

On est ici, dans une relance de type keynésienne de la plus belle facture qui ne se distingue de ce qui est fait depuis 40 ans en France que par l’ampleur des sommes (empruntées) en jeu.

Tordons le cou de cette fable consistant à prétendre qu’il y a eu une « austérité » en France !

Cela fait très longtemps, qu’en France, on mène des politiques de soutien à la demande au détriment de l’offre (déficit chronique et croissant, hausse de l’endettement privé, partage du revenu en faveur des salaires). La France continue à vivre sur un modèle essentiellement basé sur des dépenses sociales, (dont les retraites), très élevées, financées par des impôts très élevés sur les entreprises. Le tout, sans assurer sa solvabilité budgétaire puisqu’elle est en déficit permanent depuis 40 ans.

Résultat, on a droit depuis des décennies à un chômage de masse, au recul des gains de productivité, à l’insuffisance de la modernisation du capital faute d’investissement et à la détérioration de notre balance du commerce extérieur !!!

Une des principales raisons c’est que toute progression de la demande conduit surtout à une hausse des importations, tout simplement parce que l’appareil productif français n’est pas (ou plus) capable d’y répondre.

Des études sur la période 2014-2016 ont montré que la stimulation de la demande profite essentiellement au Japon, à la Chine, aux pays d’Europe centrale et à l’Espagne, pays d’où viennent les importations déclenchées par la stimulation de la demande en France.

A partir de là, on comprend bien que c’est toute la construction de Mélenchon qui s’écroule lamentablement.

En commettant de manière amplifiée les erreurs commises depuis 30 ans, les solutions Mélenchon conduiraient immanquablement, dans une sorte de fuite en avant suicidaire, à un repli de la France sur elle-même, sur ses frontières et sur sa monnaie largement défraichie.

La dette explosera, le déficit du commerce extérieur idem, le peu qui nous reste d’industrie coulera, définitivement plombée par les nouvelles charges et les contraintes « sociales » en tous genres (autorisation préalable de licenciement, baisse de la durée du travail, retraite à 60 ans…), l’inflation galopera et les dévaluations se succéderont.

Le remède de cheval que Mélenchon veut appliquer à la France ne pourra donc qu’achever le malade France au détriment, en premier lieu, de tous les gens modestes dont il s’est auto-proclamé le héraut ! ….Tiens, ça me rappelle étrangement ce qui est arrivé au Venezuela de feu Chavez auquel ce même Mélenchon vouait une admiration sans borne !