Tous ceux qui s’opposent à eux sont des ennemis du Peuple puisqu’ils s’opposent à celui ou à celle qui le représente.

Et c’est en son nom que l’un comme l’autre tentent d’imposer leur idéologie poussiéreuse et autoritaire.

Mais là n’est pas le seul point commun entre ces deux personnages.

L’un et l’autre crachent sur l’Europe et l’Euro.

Marine Le Pen évoque sans fard, quoi que de plus en plus discrètement, une sortie de l’Euro et de l’Union Européenne. Jean-Luc Mélenchon, plus sournois, n’en parle que dans le cadre d’un plan B qui interviendrait uniquement si un très improbable plan A n’aboutissait pas. Belle hypocrisie, lorsqu’on sait que son plan A consiste à imposer au reste de l’Europe ses délires fiscaux et sociaux.

L’un et l’autre ont la même frénésie d’endettement sans fin ou dit autrement, la même pratique du « demain on rase gratis ».

A l’habituel déficit de l’Etat, Mélenchon ajoute clairement plus de 270 milliards de dépenses sur 5 ans. Quant à sa grotesque prévision d’un retour du déficit à 2,5% à l’issue de son quinquennat, elle n’a aucune crédibilité.

Le Pen dépense également à tout va des dizaines de milliards supplémentaires soit disant économisés sur le dos des étrangers et de l’Europe. Bien évidemment, toutes ces dépenses vont venir grossir la dette pantagruélique de la France.

Les deux ont également en commun de compter sur la planche à billets de la Banque de France pour financer leur prodigalité. Belle prise de conscience, du fait que compte tenu de la hausse des taux d’intérêt qui adviendra immanquablement, ils n’auront de toutes façon pas le choix. Inutile de dire que cette illusion d’argent gratuit équivaut à se précipiter dans un gouffre sans fonds avec au final une France dans l’incapacité totale à rembourser ses dettes et donc à en contracter de nouvelles.

Et comme l’aurait dit Céline « On ne meurt pas de dettes. On meurt de ne plus pouvoir en faire »

Ce qui nous amène à un autre point commun à ces deux candidats, leur haine du banquier spoliateur qui a l’outrecuidance d’acheter de la dette française contre rémunération. Banquier que, l’un et l’autre n’auront aucun scrupule à rembourser en monnaie de singe (des francs) ou à purement et simplement planter avec ses bouts de papiers sans valeur.

Autre point commun entre ces deux extrémistes, un protectionnisme pseudo « intelligent » qui vaut effectivement toujours mieux qu’un protectionnisme complètement crétin.

Sauf qu’il n’est pas certain que la frontière soit très claire dans les esprits nationalistes de nos impétrants comme dirait Montebourg. On le sait, dans notre monde ouvert et interconnecté, le protectionnisme est à manier avec précautions et subtilité sous peine de s’exposer à quelques désagréments du type représailles ou hausse des prix. Pas certain que la subtilité soit la qualité première de l’une et de l’autre.

En politique étrangère, c’est Mélenchon/Le Pen même combat.

Les deux ne perdent pas une occasion de proclamer leur anti-américanisme primaire, prétexte à une indulgence coupable envers les autocrates de régimes autoritaires, déguisés en démocraties, du moment qu’ils s’opposent au Grand Satan. Le Pen, et Mélenchon qui se présente pourtant, dès qu’il le peut, en Père la morale, ne trouve rien à redire aux agissements de Poutine qui annexe sans scrupule un morceau de pays voisin, qui fait emprisonner sinon assassiner ses opposants, qui apporte un soutien sans faille à une des pires crapules au monde et qui s’enrichit sans scrupule sur le dos de son pays !

Ce même Mélenchon ne trouve rien non plus à redire, face aux agissements de Maduro au Vénézuela, qui, poursuivant ainsi l’œuvre de son mentor Chavez, après avoir conduit son pays à la faillite, le fait glisser immanquablement vers la dictature.

Plus surprenant, sur le plan social, la retraite à 60 ans, leur revalorisation, la hausse du point d’indice des fonctionnaires et l’abrogation de la Loi Travail sont au programme des deux candidats. Pour l’un comme pour l’autre, pas question de remettre en cause les 35h00 (Mélenchon parle même de 32h00 dans certaines situations).

Certes Marine Le Pen ne va pas, comme son concurrent, jusqu’à établir un « droit opposable à l’emploi » en faisant de l’État l’employeur en dernier ressort en cas de chômage de longue durée, mais tous les deux sont extrêmement généreux avec l’argent qu’ils n’ont pas. Mais pour se faire élire, peu importe, on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre.

Même si, sur beaucoup de sujets de société, leurs conceptions sont radicalement différentes, sur leur vision de l’Europe, les relations internationales, leurs recettes économiques et surtout leur manière de tromper leurs électeurs, Melenchon et Le Pen ne sont que les faces réversibles d’un même bonnet. Un bonnet nationaliste rouge ou blanc, Mélenchon-Le Pen c’est bonnet rouge et blanc bonnet !