Au delà de ça, ce que signifie leur incapacité à faire un choix, ou plus précisément ce choix délibéré de ne pas faire un choix, c’est, au mieux, la mise sur le même plan de la représentante d’un parti d’extrême-droite, et d’un social-démocrate qui, comble de l’horreur, ne remet en aucun cas en cause les règles du capitalisme.

Cette position, car c’en est une, est très révélatrice d’un état d’esprit parfaitement sectaire. En dehors des Insoumis et plus précisément de son leader Massimo, pas de salut, tous se valent !

Dans ces conditions je refuse de me prononcer, advienne que pourra, tel Ponce Pilate je m’en lave les mains. C’est oublier qu’en s’en lavant les mains, Ponce Pilate savait qu’il laissait le Christ entre les mains de ses futurs bourreaux.

Renvoyer les deux finalistes dos à dos, c’est ne pas vouloir hiérarchiser leurs projets, ce qui est lourd de signification. On a parfaitement le droit de penser que les projets portés par Macron et Le Pen se valent, même si c’est quand même difficile à croire compte tenu des différences importantes entre les deux, mais dans ce cas il faut le dire clairement, il faut assumer. Or, tous ceux qui clament fièrement qu’ils ne vont pas voter le 7 mai, n’assument pas cette position et se drapent dans leur dignité fière et insoumise avec des propos souvent sous forme d'éructations du genre "je ne me laisserai pas dicter ce que je dois faire par la mediacratie et tous les valets du capitalisme" (vesion soft).

Notre mode d’élection majoritaire à deux tours, suppose qu’au second tour, il n’en reste que deux. Et au second tour, on exprime sa préférence entre les deux candidats restants puisqu’évidemment, tout le monde n’a pas son candidat favori parmi les deux.

Ne pas aller voter au second tour sous prétexte que l’on n’est pas satisfait du résultat du premier tour, est à la fois puéril et preuve d’une très faible ouverture d’esprit et d’un sens des responsabilités pour le moins équivalent.

Beaucoup d’Insoumis ont eu du mal à accepter le verdict des urnes du premier tour, à commencer par Mélenchon lui-même. Cet appel à l’abstention, en dehors même des propos quasi-injurieux (vis à vis de Macron évidemment) qui l’accompagnent souvent, n’est que la confirmation de leur difficulté à accepter les règles sinon l’esprit de notre démocratie sous prétexte qu'ils en contestent le fonctionnement.

Or, tant que le Peuple français n’a pas fait le choix de modifier radicalement nos institutions et nos modes de scrutins, notre devoir de citoyen c’est de les respecter. Alors, votez Macron ou votez Le Pen mais votez, et assumez !