Compte tenu des contraintes auxquelles nous sommes soumis du fait de décennies d’inconscience et d’inconsistance, l’Etat ne peut plus distribuer de l’argent supplémentaire. L’endettement de la France est au taquet (la dette publique frôle les 100% du PIB) et tous les ans le déficit budgétaire de l’Etat se compte en dizaines de milliards (68 milliards pour 2017).

Les régimes de chômage, de retraite et de santé sont tous déficitaires.

Si on veut, enfin, que la France tienne ses engagements de déficit et se prémunisse contre le cout exorbitant d’une inévitable hausse des taux, inutile de rêver à une baisse massive des impôts ou, à contrario, à une hausse massive des pensions et aides en tous genres.

Le jeu de bonneteau consistant à augmenter la CSG au profit de certaines cotisations sociales et la taxe d’habitation, a plusieurs intérêts, mais globalement pas celui d’augmenter le pouvoir d’achat des français ou de manière marginale. Ce fut certainement une erreur de le laisser croire.

Si on ajoute à cela les hausses du tabac et de l’essence, respectivement pour des raisons de santé publique et de lutte contre le réchauffement climatique, pas étonnant que le pouvoir d’achat ne s’emballe pas.

D’autant plus que, ces dernières années, ce pouvoir d’achat a été largement boosté par moult circonstances favorables, un important déficit public (des distributions non compensées par l'impôt), la baisse du prix du pétrole, les taux d’intérêt extrêmement bas et des salaires réels qui se sont plutôt bien maintenus malgré la situation dégradée des entreprises.

Tout cela pour dire que si le pouvoir d’achat moyen doit augmenter ce ne pourra être que grâce à une augmentation significative de la productivité en France qui seule pourra augmenter le revenu disponible et baisser significativement le chômage structurel. Or, celle-ci est faible pour des raisons qui sont connues : désindustrialisation, faible niveau de gamme, manque d’investissements des entreprises, insuffisance de la qualification moyenne de la population active…

Autant de chantiers auxquels le Gouvernement tente de s’attaquer mais d’évidence, ça ne se fera pas en 3 coups de cuillère à pot, et de toute façon, les effets (s’il y en a) ne se feront sentir qu’à long terme.

Le problème, c’est que le long terme, cela fait longtemps que le monde médiatique et la population des réseaux sociaux drogués aux jugements instantanés et aux commentaires spontanés et sans appel n’en n’ont cure, et qu’ils ne regardent pas plus loin que le bout de leur écran !

Comme une déclinaison du vieux proverbe chinois « Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt » on pourrait dire « quand le dirigeant regarde le long terme, l’idiot exige des résultats immédiats » !

Ce qui ne veut évidemment pas dire que le dirigeant est toujours sage et le citoyen toujours idiot, car hélas, rares ont été les politiques à regarder le long terme, et sans sage, pas d’idiots !...ou ils se voient moins !