Pour l’Etat, il n’y a pas 36 moyens pour agir directement sur le pouvoir d’achat. Il faut diminuer les impôts et taxes ou augmenter les redistributions.

D’où les mesures récemment annoncées comme la défiscalisation des heures supplémentaires (pour le salarié), la suppression de la taxe d’habitation, la baisse de la CSG pour 300 000 retraités ou la diminution des cotisations salariales.

Or, il faut savoir que, contrairement à ce que tous les dépensiers de l’argent des autres prétendent, stimuler la demande ne soutient pas le taux d’emploi si sa faiblesse est due au niveau élevé du chômage structurel. Et c’est tout à fait le cas en France.

La France ne souffre pas d’un problème de demande mais d’offre qui limite sa production et son emploi. Tant que ces problèmes n’ont pas été corrigés, accroître le pouvoir d’achat induit mécaniquement une hausse des importations donc une dégradation de notre balance commerciale, ne résout en rien le problème du chômage structurel et provoque une hausse de l’endettement du fait des baisses d’impôts et taxes.

D’une manière générale, baisser des impôts qui n’ont pas d’effet clair sur le taux d’emploi dégrade les finances publiques sans contribuer à, ce qui devrait être notre premier objectif, la réduction du chômage structurel.

Comme le dit très bien Patrick Artus dans une récente note « on ne peut pas distribuer des revenus qui n’existent pas ». Le pouvoir d’achat n’augmentera qu’avec une augmentation des revenus.

D’autant, rajoute t’il « qu’à la différence des autres pays de l’OCDE, la France n’a connu ni déformation du partage des revenus au détriment des salariés, ni hausse des inégalités après politiques redistributives, ni hausse de la pauvreté ».

L’idée, présentée comme une évidence, que la sauvegarde sinon la hausse du pouvoir d’achat doit être considérée comme le premier devoir d'un bon dirigeant, crée une pression inutile et potentiellement dangereuse si elle vient en contradiction avec d’autres actions plus importantes.

Mais ce discours-là est difficile à faire passer auprès d’une population à qui les medias et les populistes ont toujours fait croire que la richesse d’un pays, et donc de ses habitants, ne dépendait que du bon vouloir d’un Etat nécessairement généreux avec… l’argent des autres ou pire encore avec de l’argent qu’il n’a pas.