SayaAvec l'affaire Leonarda, notre démocratie atteint le fond. Une expulsion, pourtant décidée et confirmée après mout recours par la Justice fait l'actualité pendant une semaine sur tous les médias, elle met la pression sur le Ministre de l'intérieur de la République Française au point qu'on demande sa démission, elle l'amène à écourter son séjour dans les départements d'outre mer, elle provoque des grèves de lycéens avec blocages de Lycées, elle conduit à toutes les hystéries (certains parlent de rafle) et le pompon, elle amène le Président de la république lui même à intervenir dans une intervention solennelle pour trancher...à moitié. Intervention qui relance de plus belle la polémique.

Certes, les conditions de « l’interpellation » de cette jeune fille sont discutables. Malgré les précautions qui semblent pourtant avoir été prises et notamment le fait de ne pas l’avoir fait descendre du bus devant ses petits camarades, c’est le symbole lui-même qui a choqué. Mais cet élément n’est pas contesté, le manque de « discernement » a été officiellement acté et Manuel Valls s’est empressé de publier une circulaire demandant aux préfets de sanctuariser l’Ecole et ses prolongements.

Pour autant, l’expulsion de la famille Dibrani est d’une banalité sans nom. Juridiquement inattaquable et moralement tout à fait défendable compte tenu du passif du père, des mensonges des uns et des autres et de l’absence flagrante de volonté de s’intégrer des parents.

D'évidence il y a des cas d’expulsion qui crèvent beaucoup plus le cœur que celui-ci.

Alors, comment en est t’on arrivé à faire de cette incident, malheureux certes, mais anecdotique, une véritable affaire d’Etat ?